1 juil. 2013

Fresne l'été

Ce soir, la fenêtre restée grande ouverte côté Loire, avec une ampoule allumée, un léger bourdonnement de plus en plus présent ne me distrait pas de l'écran ni de l'ordinateur qui souffle. Notant enfin une drôle d'ambiance je lève les yeux au plafond : il y a des milliers, des milliers et des milliers de ces mouchettes oranges du cru qui par endroits recouvrent presque toute la peinture blanche. Egarés dans ces constellations mouvantes (et bientôt mourantes - demain les étoiles jaune pisse auront chu sur le carrelage blanc dans une ignoble hécatombe) quelques moustiques placides et mites en robe de bure. Les pholques restent presque immobiles, mais se laissent prendre au grouillement, commencent à trépigner. Ils vont boustifailler. Je n'aurais jamais imaginé voir tant d'âmes dans une pièce, tout en ne doutant pas que ça va tomber & pleuvoir comme à Gravelotte.
Il me semble que ces mouchettes sont les fameuses drosophiles tant invoquées en cours de biologie si bien qu'à l'époque leur anatomie avait moins de secrets pour moi que celle des humains.
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Lendemain. Erreur : ayant pris soin de laisser la fenêtre ouverte toute la nuit, il n'y avait pas trop de petits cadavres ce matin, juste quelques centaines de pensionnaires qui ont choisi de rester au plafond.